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Le détective jeta un coup d’œil appréciateur autour de lui. Il plia la précieuse lettre et la replaça dans une enveloppe, qu’il mit dans la poche intérieure de son veston.

Vêtus de leur trench doublé, les deux officiers quittèrent leur table et passèrent à la caisse avant de sortir du restaurant. La Perle de l’Orient était un vieil établissement dont la réputation n’était plus à faire. Avec le temps, il était presque devenu une institution parmi les restaurateurs de la ville et la clientèle chicagoane. Situé à trois ou quatre coins de rue au sud-est du quartier général, le chemin pour s’y rendre formait un zigzag. Sous la suggestion du capitaine, ils s’y étaient rendus à pied. Pour s’en retourner, celui-ci suggéra d’emprunter un raccourci.

— Passons par cette ruelle, nous sauverons du temps et nous arriverons au poste par l’arrière.

Hope corrigea sa trajectoire et le suivit tout en parlant.

— Je présume que le coroner Wagner avance dans son examen de la victime de ce matin. Il aura peut-être des résultats pour nous en fin d’après-midi.

— S’il y a un lien entre ce meurtre et les FK, je ne peux pas croire que nous n’obtiendrions pas de nouvelles pistes.

— Avec toutes ces ecchymoses, ces traces de corde, cette gorge tranchée, si ça trouve, ils nous auront laissé quelques empreintes.

— Nous le saurons bientôt.

Soufflée par les rafales, la neige qui commençait à tomber força les deux policiers à relever leur col de manteau et à activer le pas. Fonçant dans l’hiver qui tardait à venir, sans courir, Cooper et Hope avançaient rapidement. Après ce repas qu’il avait bien apprécié, peut-être aussi grâce au retrait de la ruelle qui les coupait du bruit de la circulation, le détective ressentit momentanément une douce quiétude. Une sensation que Dudley détecta et qu’il respecta en gardant le silence pendant qu’ils avançaient, trottaient côte à côte.

Sauf qu’il arrive parfois que la vie ne veuille pas vous lâcher.

Alors qu’ils avaient à peine franchi une trentaine de mètres, un claquement sonore retentit sur la brique des bâtiments qui enserraient la ruelle, comme une porte métallique se renfermant avec force. Attirés par le bruit, ils tournèrent la tête pour constater la présence de deux hommes dans la venelle transversale qui longeait l’arrière des édifices ; un long couloir tout juste assez large pour les conteneurs à poubelles et le passage d’une voiture. D’un côté, la partie arrière des commerces de la rue principale, de l’autre, un mur avec des balcons accrochés ici et là, et qui à première vue donnaient sur divers locaux d’entreposage au rez-de-chaussée et sur des appartements privés sur les autres étages. Entre les conteneurs métalliques se multipliant au gré des portes, quelques véhicules stationnés.

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