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Extrait – Page 2 de 3

L’un des individus transportait sur son épaule un paquet sombre, assez volumineux, et plutôt louche.

— Putain de bordel, cesse de faire tant de bruit, grogna celui qui portait la charge.

— Excuse-moi, le couvercle m’a glissé des mains.

— Allez, merde, ouvre-le ! ordonna-t-il d’une voix féroce.

Il jeta alors le paquet dans le conteneur à déchets. Un autre bruit, sourd cette fois, comme absorbé par les ordures en dessous.

— Mais, ce n’était pas un sac de déchets, ça ! jugea le détective.

— Non. Plutôt un sac pour les dépouilles mortelles, je dirais.

Sans hésitation les deux officiers dégainèrent et se mirent à avancer dans leur direction. À environ une douzaine de mètres de distance, ils stoppèrent et pointèrent leurs armes sur les deux individus.

Absorbés par leur tâche, ils n’eurent d’abord aucune réaction.

— Police de Chicago ! Les mains en l’air ! cria Hope.

— Les mains en l’air ! Tout de suite ! renchérit le capitaine.

Interrompus dans leur infâme besogne, les deux suspects s’immobilisèrent sur-le-champ. Puis avec un mouvement lent, et visiblement très calme, ils redressèrent la tête et dirigèrent leur regard vers ceux qui osaient les déranger. Telle fut l’impression qu’ils donnèrent à tout le moins. Deux masques transparents cachaient leurs visages à la perfection. Par les trous, deux paires d’yeux noirs les dévisageaient.

Exaspéré par cette montée de violence qui ne semblait pas vouloir cesser, le capitaine ne put retenir son commentaire.

— Décidément, on n’a pas fini avec ça !

Flottement de part et d’autre. Personne ne bougeait, tels des prédateurs qui s’affrontent. Les deux suspects observaient les policiers qui les tenaient en joue. Les masques plastifiés qui brillaient malgré la lumière hivernale leur donnaient une allure lugubre. Un frémissement parcourut l’échine de Hope. Malgré les artifices, une forte animosité se dégageait du regard glacial et menaçant qu’ils braquaient sur eux. Une animosité maladive. Obsessionnelle. Mais nos deux représentants de l’ordre en avaient vu d’autres.

— Ne bougez plus ! Levez les mains en l’air ! ordonna-t-il de nouveau.

Ces mots provoquèrent chez eux un réflexe instantané : ils se mirent à tirer. Hope et Cooper se jetèrent au sol et roulèrent aussitôt derrière les conteneurs. L’un sur la gauche, l’autre sur la droite de la venelle. Une fusillade en règle éclata.

À travers les flocons qui se multipliaient et virevoltaient, les balles sifflaient : les unes allant s’écraser sur le métal, les autres ricochant sur la brique ou sur le sol.

— Il n’y a pas une seconde à perdre ! cria le détective. La victime est peut-être toujours en vie.

De leur position, les suspects les canardaient sans relâche. De leur cachette, Hope et Cooper ripostaient coup sur coup. Trop occupés à se défendre, il leur était impossible d’appeler pour obtenir du renfort. Ils sentaient les balles les frôler. Le vacarme causé par les coups de feu et la réverbération devenaient assourdissants. Puis peu à peu ils sentirent les suspects leur glisser entre les doigts. Pendant que l’un tirait, l’autre s’apprêtait à se glisser à l’intérieur d’un véhicule garé près d’un bac à ordures.

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